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Musique classique et opéra par Classissima

Johannes Brahms

samedi 24 juin 2017


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19 juin

Compte rendu concert. Toulouse, le 16 juin 2017. Brahms. Beethoven. A. Laloum / Maxim Emelyanychev, direction.

Classiquenews.com - Articles Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 16 juin 2017. Brahms. Beethoven. Adam Laloum, piano. Orchestre national du Capitole de Toulouse. Maxim Emelyanychev, direction. Voici un concert événement très réussi. Le Rotary International avec tous les clubs de la région toulousaine soutiennent la recherche contre le cancer et concrétisent leurs actions avec une grande collecte (remise du chèque ce soir) et ce concert prestigieux. La municipalité de Toulouse, l’orchestre et le pianiste Adam Laloum ont offerts leur généreux concours. Le résultat est un concert dans lequel l’enthousiasme du public a été si grand qu’il a applaudi après chaque mouvement. Il faut dire que la fougue juvénile du jeune chef russe (29 ans) Maxim Emelyanychev, est un spectacle en lui-même très particulier, inhabituellement expressif. Pour une grande cause, le meilleur de la Musique Le très imposant deuxième Concerto pour piano de Brahms a été interprété avec puissance et détermination par l’orchestre sous la direction enthousiaste du jeune maestro. Le pianiste Adam Laloum du même âge que le chef, 30 ans, a lui été sensible à cet enthousiasme mais a pondéré dès que possible cette exubérance orchestrale par des phrasés d’une grande délicatesse, et une écoute chambriste très fine. Il faut dire que ces moments ineffables de musique de chambre du Concerto, - incompris lors de la création, sont à présent appréciés à leur juste valeur et aimés. Depuis le début avec le cor magique de Jacques Delplancque, à l’Andante du violoncelle envoûtant de Sarah Iancu dans le troisième mouvement, ce soir, ils ont été inoubliables. Cette énergie de jeunesse se voit encore d’avantage qu’elle ne s’entend dans la direction du chef russe. Adam Laloum a su affronter sans faillir et par cœur toutes les difficultés du très vaste Concerto. La diversité des nuances de son jeu restant, ainsi qu’une coloration de peintre, ses plus belles qualités. La maîtrise technique est impeccable, toujours mise au service de la plus belle musicalité. Jamais aucune dureté, il a toujours su garder une marge de nuances et de puissance ne faisant jamais sentir l’effort. Une absence d’ostentation, pourtant si chère à tant de pianistes virtuoses, caractérise le jeu d’ Adam Laloum. Une ovation a été faite à ce pianiste toulousain très aimé sur ses terres. En deuxième partie, la Septième Symphonie de Beethoven, si bien nommée “Apothéose de la danse” par Wagner, a permis à Maxim Emelyanychev (illustration ci dessus) de danser la direction la plus enthousiaste et motrice que j’ai vue dans une symphonie. Comme un épagneul ivre de liberté, il a su entraîner l’orchestre dans cette incroyable interprétation aux tempi vifs, aux rythmes aigus, au final pourtant très maîtrisée. Décidement, ce jeune prodige dirige aussi bien le répertoire baroque que les grandes œuvres romantiques. Mais toujours avec cette énergie de vie incomparable. Quel enthousiasme! La vie en sa beauté célébrée, ainsi pour lutter contre la mort : c’est limpide. Bravo à toutes ces énergies mises en commun avec brio pour un résultat éclatant de vivacité. ________________________ Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 16 juin 2017. Johannes Brahms (1833-1897): Concerto pour piano n°2 en si bémol majeur op.83. Ludwig van Beethoven (1770-1827): Symphonie n°7 en la majeur op.92. Adam Laloum, piano. Orchestre national du Capitole de Toulouse. Maxim Emelyanychev, direction.

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19 juin

Festival de Saintes : 4-22 juillet 2017

VIDEO. Festival de Saintes, 14-22 juillet 2017, Présentation. Chaque été en juillet, l’Abbaye aux Dames à Saintes investit tous les lieux du site patrimonial, offrant aux visiteurs et festivaliers, une expérience unique où la musique et le concert tiennent la première place. VOIR ICI notre présentation vidéo du Festival de Saintes 2017, entretien vidéo avec le directeur artistique, Stephan Maciejewski — Les lieux du festival : l’ensemble patrimonial de l’Abbaye aux dames, la “voile”, point de rencontre du Festival pour artistes, professionnels et festivaliers, la ligne artistique et les temps forts de l’édition 2017 (les Cantates de JS Bach, la musique de chambre, l’anniversaire de Philippe Herreweghe, le Jeune Orchestre de l’Abbaye / JOA…, par Stephan Maciejewski, directeur artistique – Reportage / entretien édité par le studio CLASSIQUENEWS.TV / réalisation : Philippe-Alexandre PHAM — © CLASSIQUENEWS.COM ______________________________ LIRE aussi notre présentation générale du Festival de Saintes : les concerts sous la voûte de l’Abbaye aux Dames, musique sacrée, cantates, musique de chambre, grands concerts symphoniques (Brahms et Tchaikovksi…), les 70 ans de Philippe Herreweghe, le retour de Vox Luminis, la place des jeunes ensembles de musique baroque…




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17 juin

Entretien avec Jean-Michel Lejeune, à propos du festival FORMAT RAISINS.

Entretien avec Jean-Michel Lejeune, à propos du festival FORMAT RAISINS 2017. A l’occasion de la nouvelle édition du festival hors normes FORMAT RAISINS à partir du 5 juillet 2017, CLASSIQUENEWS a interrogé le directeur de l’événement, Jean-Michel Lejeune sur le fonctionnement, le déroulement et l’identité d’un festival ambitieux, éclectique dont le rayonnement pluridisplinaire s’étend sur 2 départements, 2 régions, à travers les vignobles les plus enchanteurs de France, d’où son nom générique « Format raisins ». Pourtant c’est bien un format singulier qui est le propre du cycle d’événements mêlant la création contemporaine, le jazz, la musique chorale, symphonique et de chambre, les arts plastiques et la danse … dans des lieux patrimoniaux aux résonances multiples, autant d’expériences riches et inédites offertes aux publics sollicités sur tout le territoire du Centre, des bords de Loire. Jalonné par 88 concerts et événements, le festival FORMAT RAISINS se déroule sur 3 week ends. Une invitation à l’exploration plurielle, à la poésie polymorphe, aux métissages hors cadre… car ici le nombre n’écarte pas la qualité. Entretien et explications. Comment se déroule le festival (lieux investis, intérêt patrimonial et musique, accessibilité des concerts et des événements )? 20 villes et villages situées dans les vignobles des Vins du Centre et sur les bords de Loire constituent l’exceptionnel paysage du festival Format Raisins. Le Prieuré clunisien de La Charité-sur-Loire, la Commanderie de Villemoison, le château de Buranlure, le Musée de la Machine agricole, le site industriel de Chabrolles sont quelques-uns des exceptionnels lieux des quelque 88 concerts, spectacles de danse contemporaine, exposition d’art contemporain, dégustations de vins, visites, promenades, atelier de géographie… de cette cinquième édition. Sur le plan musical, cette édition propose un périple qui nous emmène de Purcell, Bach à Berio, Stockhausen, Carter, Risset, Henry, Teruggi, Pesson, Bouchot, Caratini, Machuel, Aperghis, Munoz Bravo, Bierton… en passant rendre de superbes visites chez Mozart, Brahms, Beethoven, Schumann, Chopin… en passant par les musiques populaires et savantes du monde arabe que nous chante Anass Habib, le jazz de Trafic Urbain… Quels sont les critères artistiques qui assurent à la programmation sa cohérence et sa singularité ? Diversité des oeuvres, excellence, grands interprètes et jeunes talents sont la marque de cette prochaine édition qui s’organise autour de quatre axes : Honneur au piano avec Seong-Jin Cho, Jean-Philippe Collard, Wilhem Latchoumia, David Lively, Patricia Martins, Thierry Rosbach, Nicolas Stavy ; Des concerts monographiques qui permettent au public d’aller plus loin dans l’univers musical d’un compositeur (Bach, Berio, Brahms, Pierre Henry, Mozart, Purcell, Risset, Stockhausen…); De nombreux jeunes musiciens comme ceux du quintette Altra, du quatuor Akos, du Trio Puzzle, du KontaktDuo, sans omettre la pianiste Manon Edouard-Douriaud ; Un parcours d’écoute entre la musique pure et celle qui s’intéresse aussi aux sons venant du quotidien… A cela s’ajoute un volet dédié à la danse avec Les Aperçus de Clara Cornil et Pierre Fruchard, à la tombée de la nuit… et le collectif Les Oufs ! dans le sillage de Jean-Claude Gallotta. Quels sont les 5 temps forts de l’édition 2017 ? Et pourquoi ? Le concert du Quintette Altra, pour la découverte d’une exceptionnelle, — oui d’une exceptionnelle jeune formation, pour la création du compositeur Tom Bierton, musicien amoureux des musiques du monde et des musiques actuelles, pour revisiter dans un cadre exceptionnel l’œuvre du génial Luciano Berio ; Le récital de Jean-Philippe Collard, pour la magie que crée cet immense pianiste, pour son programme Schumann et Chopin qui montre le romantisme dans tous ses contrastes, dans toutes ses passions, pour son intelligence musicale et toujours, la lumière qui se dégage des œuvres, même les plus sombres ! Le récital de Seong-Jin Cho, le petit prodige, l’artisan du superbe, l’immense musicien… pour l’un de ses très rares concerts en France cette année qui nous garantit de belles émotions ! Les deux concerts du GRM proposé par Daniel Teruggi, pour le poète Jean-Claude Risset, pour Pierre Henry, cette ‘’figure ‘’, pour rejoindre des deux oreilles notre époque, pour la beauté d’œuvres parfois méconnues, pour Après une écoute de Sud , création de Daniel Teruggi… et pour l’Acousmonium du GRM, véritable planétarium sonore qui offre une écoute complètement renouvelée ! Le concert de David Lively, pour le rythme, la chaleur et la vie des œuvres de ce programme américain tout à fait original, joué avec un talent fou, une virtuosité ! Le Spat Sonore, pour découvrir ce qu’improviser, rire, et participer à une expérience véritablement inouïe, en immersion dans un univers insolite, chez Rabelais, entre musique populaire, bruitage et musique sacrée… Le concert de Nicolas Stavy et du Quatuor Voce pour… Brahms, servi avec génie par ces interprètes… la musique s’écrit en direct sous nos oreilles… C’est totalement impressionnant de richesse et de vie ! Le concert de Jeanne Crousaud et de Wilhem Latchoumia, pour le choix des œuvres, le programme plein d’humour, airs d’opérettes, chansons de genre, pour cette voix sublime, ce pianiste exceptionnel, toujours du côté de la création et de l’audace ! Et pour « Oda a la Manzana », un poème de Neruda, mis en musique par le chilien Munoz Bravo avec la force d’imagination qu’on lui connaît (qu’on devrait lui connaître !) Pardon, je ne sais plus compter… mais ce ne sont pas moins de 30 concerts et spectacles qui sont proposés ! Quelle est l’expérience que vit le festivalier à chaque édition ? La relation simple et directe avec les œuvres et les artistes présentés dans des lieux aussi insolites qu’un grenier, un hangar, une usine désaffectée, la cour d’un château, une chapelle en ruine, les remparts de La Charité… Toutes les barrières tombent. Restent la musique, la danse, les œuvres… La découverte des meilleurs vins locaux (Pouilly-fumé, Sancerre, Coteaux Charitois, Menetou-Salon, Châteaumeillant, Coteaux du Giennois, Reuilly, Quincy…); La découverte de la Réserve naturelle du Milieu de Loire et de la Forêt des Bertranges, l’accueil chaleureux des habitants de cette région Une atmosphère hyper conviviale et amicale entre les artistes, les compositeurs, les organisateurs, les partenaires et le public… qui laisse bien souvent une belle place au rire ! Propos recueillis en juin 2017 __________ Le Festival Format Raisins se déroule du 5 au 23 juillet 2017, à deux heures de Paris, à 1 heure de Bourges…. Et s’organise essentiellement en 3 week-ends de concerts et de promenade. Renseignements, réservations, billetterie au 03 86 70 15 06 et sur www.format-raisins.fr Cette année, le festival propose des Pass Week-End donnant accès à tous les événements pour un tarif particulièrement avantageux. LIRE notre présentation du Festival FORMAT RAISINS 2017 __________ Illustrations © festival FORMAT RAISINS : Jean-Michel Lejeune présente le concert de La Fenice au public (2016) / la chanteuse Jeanne Crousaud dans L’Eloge de la plante / festival Format Raisins 2016 (DR)



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15 juin

Festival FORMAT RAISINS, du 5 au 23 juillet 2017

Festival FORMAT RAISINS, du 5 au 23 juillet 2017. A 2h de PARIS, FORMAT RAISINS est un festival hors normes, généreux et polyforme qui cultive sa singularité depuis la Charité sur Loire. Sa large programmation répond à l’ampleur du territoire sur lequel il rayonne : de part et d’autre de la Loire, présent sur deux départements (Nièvre, Cher), sur deux régions (Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire), le festival rassemble une vingtaine de villes et villages qu’il invite à travailler ensemble. Il allie musique et danse, art et culture, paysage, patrimoine et économie, soit une offre pluridisciplinaire, prédisposée aux rencontres, métissages, à la création : ainsi, temps fort parmi de nombreux, l’hommage de Daniel Teruggi, directeur artistique du Groupe de Recherches Musicales (GRM), à l’oeuvre « Sud » de Jean-Claude Risset (« Après une réécoute de Sud », création le 22 juillet, Prieuré de la Charité sur Loire). Le festival réalise en 2017, un riche périple qui invite le public à parcourir époques, régions, styles à la rencontre de multiples sensibilités : compositeurs, interprètes, chorégraphes et plasticiens. DIVERSITÉS, EXPLORATIONS, SENSATIONS EN VAL DE LOIRE… Les perspectives et les expériences sont diverses : concerts, spectacles de danse, exposition, dégustations des vins de Loire (14 rvs du 2 au 22 juillet), visites de lieux patrimoniaux et d’entreprises, atelier de géographie, table ronde… autant d’événements qui dévoilent et soulignent dynamisme et identité d’une superbe région : celle où se rejoignent les vignobles des Vins du Centre, le Milieu de la Loire et la Forêt des Bertranges. Pendant 3 semaines, musiques baroque, classique et romantique, contemporaine et jazz, musique du Moyen-Orient (le 15 juillet à Sancerre)… , arts plastiques et danse, créations et explorations du terroir … s’y donnent rendez vous. FORMAT RAISINS cultive et favorise le talent et le tempérament, de tout âge : jeunes musiciens à l’aube d’une grande carrière, sensibilités reconnues et estimées comme celle du pianiste Jean-Philippe Collard (16 juillet à Raveau, récital Schumann / Chopin) ou chambrisme affûté de l’excellent Quatuor Voce (le 5 juillet au Prieuré de la Charité sur Loire : Quintette avec piano de Brahms). A ne pas manquer non plus : les concerts « monographiques » de l’Orchestre des Concerts Nivernais avec le violoniste Mathieu Névéol (8 juillet), de l’ensemble baroque La Fenice dédie à Purcell (14 juillet), celui du Quintette Altra autour de Luciano Berio, celui consacré à la musique de chambre de Brahms, entre autres – … En 2017, les pianistes sont à l’affiche : le jeune Coréen Seong-Jin Cho (nouveau talent de l’écurie Deutsche Grammophon, encore auréolé de sa victoire au Concours Chopin 2015 ; récital Mozart, Beethoven, Chopin, le 6 juillet à St-Loup des Bois), le déjà nommé Jean-Philippe Collard, Manon Édouard-Douriaud, Wilhem Latchoumia (7 juillet), David Lively (20 juillet), Patricia Martins, Thierry Rosbach (9 juillet, Variations Goldberg de JS Bach) ou Nicolas Stavy, les pianistes sont à l’honneur… Selon le vœu de Jean-Michel Lejeune, son directeur, le festival -multiple, éclectique, accessible-, aiguise les sens et invite aussi le Chœur Arsys-Bourgogne (9 juillet, programme « Huit » : spiritualités multiples, de Bach, Scelsi à Machuel, Occident chrétien / Orient bouddhiste…) ; il approfondit encore cette année son exploration de la Danse contemporaine grâce à la présence du collectif Les Oufs ! et les Aperçus de Clara Cornil (le 29 juillet, Prieuré de la Charité sur Loire). Une importante exposition, « Pluriel, » présente à Beffes dès le mois de juin (23 juin : vernissage, avant-première) expose dix artistes – photographes, sculpteurs, peintres, vidéastes – en un panorama actuel dédié aux arts plastiques. En écho, n’omettez pas la création, commande du Festival : « Tangled Angles » de Tom Bierton (disciple de Gérard Pesson), par le Quintette Altra, le 21 juillet, Musée de la machine agricole de St-Loup des bois). RESERVATIONS & INFOS sur le site du Festival Format Raisons : www.format-raisins.fr ———————— INFOS PRATIQUES Billetterie en ligne sur le site www.format-raisins.fr Office de tourisme du Pays Charitois : 03 86 70 15 06 Plein tarif, tarif réduit, tarif unique : 14, 9, 5 euros PASS WEEK END, nominatif : WEEK END 1, 2, 3 Offre « 4 places » : 3 places achetées, la 4è offerte Toutes les infos sur le site du Festival Format Raisins S’Y RENDRE En train : 2h de Paris-La Charité sur Loire (gare de Paris-Bercy) 2h de Dijon-La Charité sur Loire En voiture : 2h depuis Paris par A6 et A7 2h depuis Dijon par A6 40 mn depuis Bourges par N151 SE LOGER

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14 juin

Lecture à Brno : Dvořák et les Français

Lecture à Brno : Dvořák et les FrançaisVoici le texte de la lecture sur Antonín Dvořák donnée le 18 mars 2017 à l'Alliance Française de Brno. Le thème en était « La réception des œuvres d’Antonín Dvořák et de Leoš Janáček en France ». *** Bonjour, Je vous remercie de me faire l'honneur de m'accueillir au cœur de cette ville à l'histoire musicale prestigieuse. Je vais vous parler de Dvořák, tel qu'il était perçu en France de son vivant et au début du XXe siècle. Je voudrais au préalable signaler que ce travail est tiré d'une étude plus complète, éditée dans un livre, Antonín Dvořák, un musicien par-delà les frontières, que j'ai eu le plaisir de co-écrire avec Eric Baude. L'incidentLa scène se passe à Paris en 1913. En cette froide matinée de janvier, Pablo Casals se presse. Il a voyagé toute la nuit en train, et doit maintenant rejoindre le théâtre du Châtelet où l'attend Gabriel Pierné, le chef du prestigieux orchestre Colonne. Les deux hommes préparent le récital du prochain dimanche. Le Concerto pour violoncelle d'Antonín Dvořák est au programme, mais le temps manque pour une répétition. Aussi ont-ils convenu d'étudier en tête à tête la partition dans la loge du chef. Mais Pierné montre vite des signes d'énervement. Devant Casals médusé, il finit par s'emparer de la partition pour la jeter avec mépris sur la table. « C'est une musique ignoble. Jamais je ne pourrai diriger ça ! » Pablo Casals croit d'abord à une plaisanterie. Mais Pierné insiste. « C'est une musique ignoble », répète-t-il en insistant sur les mots. « Êtes-vous fou ? s'insurge Casals. Comment osez-vous insulter ainsi une œuvre magnifique ! Rappelez-vous que Brahms considérait ce Concerto comme un chef d’œuvre ! » « Brahms ! En voilà un autre ! Si vous êtes musicien, vous devez savoir combien cette musique est mauvaise ! » Casals raconte : Je ne savais comment réprimer mon indignation ; mes mains, mes jambes tremblaient. « J’ai voyagé toute la nuit pour présenter cette œuvre si belle à votre public, et voilà que non seulement elle vous déplaît, mais que vous la détestez. Comment alors pouvez-vous la comprendre, et comment puis-je l’interpréter avec vous ? Non, ce n’est pas possible, je ne jouerai pas ! » Parmi les personnes qui se pressent autour des deux hommes, Casals remarque Claude Debussy. « Demandez-lui, l'interroge Casals, si un artiste peut jouer dans l’état d’esprit où je me trouve. » « Allons, dit Debussy. si vous voulez, vous pouvez jouer », Sidéré de ne pas trouver de soutien, Casals renonce, et annonce avec fracas qu'il ne jouera pas. Et, en effet, le récital du dimanche a lieu sans la participation du violoncelliste. Pierné présente au public la Septième Symphonie de Beethoven.Un compositeur obscurLa presse relate l'événement. Mais bien rares sont ceux qui défendent le soliste. Son geste est déploré, et on ne se prive pas de se moquer de son goût pour le Concerto d'un compositeur obscur, une page que l'on définit volontiers comme médiocre. Car la musique de Dvořák ne s'est pas imposée en France. Elle est jouée, bien sûr, mais de façon occasionnelle. Pourtant, la fin de la décennie 1870 était prometteuse. Dvořák, à 35 ans passé, venait d'accéder à une soudaine notoriété internationale. A Nice, l'orchestre privé du baron russe Paul von Dervies s'en fait l'écho en programmant plusieurs de ses œuvres, comme de récentes Rhapsodies slaves et des Danses Slaves, précédant leur introduction en Angleterre. Cet ensemble a même donné en première audition mondiale le Nocturne op. 40 dans sa version pour orchestre. Paris découvre en 1880 la Sérénade en ré mineur pour vents, violoncelle et contrebasse, et Charles Lamoureux y dirige une Danse slave. Tout semble prêt pour favoriser la diffusion en France de l'oeuvre de Dvořák, mais la décennie à venir n'allait pas confirmer ces débuts encourageants. Aucune oeuvre majeure du compositeur n'est plus donnée en France dans les années 1880. Ainsi, František Ladislav Rieger, homme politique influent, échoue à faire représenter l'opéra Dimitri sur une scène parisienne. Le journal le Gaulois publie bien en décembre 1885 la Dumka op. 12 pour piano dans un recueil de compositions contemporaines, mais l'histoire se déroule ailleurs. L'Angleterre entend dès 1882 la Sixième Symphonie et, l'année suivante, les directeurs de la Société Philharmonique de Londres décident à l’unanimité d’inviter Dvořák en Angleterre. Dès lors, sa musique s’oriente vers la Grande-Bretagne et non vers cette France qui promettait tant. La renaissance nationale françaiseLa France, en pleine ferveur nationaliste exacerbée par la défaite de 1871, s'ouvre difficilement à de nouveaux horizons. La renaissance nationale est à l'oeuvre autour de compositeurs de talent, comme Camille Saint-Saëns ou Vincent d’Indy. Le classicisme beethovenien est admiré, alors que le cas Wagner divise le monde musical, partagé entre l'enthousiasme pour cette nouvelle musique et une posture revancharde. Si les compositeurs russes sont salués, la musique tchèque reste dans une obscurité tenace. L'on confond Tchèque et Hongrois, Bohémiens et Tziganes. La musique tchèque, croit-on, représente une sorte d'hybride sans grande personnalité, et surtout imprégnée d'un folklorisme facile, cliché entretenu par le succès relatif des Danses slaves à Paris et en province. L'on cultive l'esprit français, tout en clarté et recherche de l'équilibre, réticent aux effusions jugées coupables. Certes, l'on n'ignore pas en France les nombreux honneurs rendus à Dvořák, que ce soit par l'empereur François-Joseph ou l'invitation très remarquée à diriger le Conservatoire de New York. Aussi est-il considéré dans les années 90 comme le plus grand compositeur autro-hongrois, à côté de Karl Goldmark, mais il s'agit là d'une reconnaissance avant tout théorique, saluant un homme à la stature notoire, et non le compositeur toujours méconnu.La timide ouverture vers PragueAu tournant du siècle, toutefois, la situation évolue. En février 1897 paraît une traduction française de l'article de Dvořák sur Franz Schubertpublié par une revue américaine (l'article étant en réalité rédigé par un journaliste qui a recueilli les impressions de Dvořák). L'Académie des beaux-arts de la capitale française envisage à plusieurs reprises de le nommer correspondant étranger. En 1899, enfin, une invitation arrive de Paris, pour lui demander de venir diriger un concert de ses œuvres avec l'orchestre Lamoureux. Cela fait alors 16 ans qu'il a été prié par les Britanniques de se rendre chez eux, presque une décennie s'est écoulée depuis la tournée en Russie sollicitée par Tchaïkovski, et l'invitation américaine date de 8 années. Mais le message parisien arrive sans doute trop tard au compositeur, qui ne se rendra jamais dans la capitale française. L'événement reste significatif : le regard de la diplomatie sur les Pays Tchèques a changé. Une entente cordiale Paris-Prague s'est nouée, non sans arrières-pensées sur la possibilité d'une alliance en cas de conflit. C'est ainsi que deux émissaires de la Ville de Paris se rendent spécialement à Prague en avril 1904 pour remettre à Dvořák une médaille d'or, aujourd'hui conservée dans les archives du Musée Dvořák à Prague. Premiers pas de la Symphonie du Nouveau MondeC'est peut-être dans cette optique qu'il faut comprendre un timide regain d'intérêt pour la musique tchèque. Plusieurs récitals consacrés à la Bohême ont lieu au tournant du siècle, et c'est au cours de l'un deux, pour l'Exposition universelle de 1900, qu'Oskar Nedbal fait découvrir aux Parisiens la Symphonie du Nouveau Monde, qu'il redonne l'année suivante avec le même orchestre Colonne. Mais cela n'était pas la première audition de l'oeuvre en France : les recherches complémentaires que j'ai réalisées pour le présent exposé montrent que la dernière symphonie de Dvořák avait été donnée deux fois en fin d'année 1899 dans la ville de Marseille, sous la baguette de Caliste Borelli, un chef italien aujourd'hui oublié. Cette information était jusqu'à présent passée sous silence, et je suis heureux de pouvoir rectifier aujourd'hui cet oubli historique. Il faut attendre 1906 - entre-temps, le compositeur est décédé - pour entendre un chef français, Camille Chevillard, diriger cette symphonie. La critique est partagée. L'on s'interroge sur la forme de cette oeuvre que l'on peine à inscrire dans l'héritage de Beethoven. A lire les journaux de cette époque, il s'agirait bien davantage d'une sorte de musique de ballet ou d'une guirlande d'impressions musicales, à vrai dire sans grande consistance. L'on trouve plusieurs critiques féroces, comme par exemple : « c’est du cake-walk (américain), mais écrit pour l’orchestre, au lieu d’être confié à un piano mécanique ; le résultat ne change guère. » Une polémique dans la presseToutefois, l'époque se transforme. Une empoignade de plusieurs mois oppose violemment deux chroniqueurs du Mercure musical. Pour le premier, Magnus Synnestvedt, la 9e Symphonie est un gigantesque bluff, une page d'une excessive pauvreté qui tente de faire passer pour des « mélodies nègres » ce qui relève d'imitations de chorals bretons et de compositeurs russes. Le second chroniqueur se nomme William Ritter. Ce Suisse est depuis longtemps un admirateur et un connaisseur de la musique de Bohême. Ritter réagit vertement à l'article de Synnestvedt en prenant la défense du musicien tchèque. Que fait-il de l'opinion d'un Brahms ? Comment ne pas se rendre compte du génie de Dvořák ? La bataille par journal interposé occupe toute la première moitié de l'année 1907, et ne s'achève que par un courrier des deux fils de Dvořák, Antonín et Otakar, que Ritter a sollicités. Les « airs et chorals bretons ? » « notre père n’en avait même pas idée », écrivent-ils. Les compositeurs russes ? « Il connaissait l’existence de ces auteurs, mais certes ne s’occupait pas de leurs compositions. » Et y a-t-il une influence américaine dans cette symphonie, demande Ritter ? La réponse, nuancée, explique très clairement la façon dont Dvořák exploitait le matériel populaire, slave ou autre : « En Amérique, les airs nègres qui sont pleins de particularités mélodiques, ont intéressé notre père ; il les a étudiés et dressé la gamme selon laquelle ils sont formés. Mais les passages de la symphonie et d’autres œuvres de cette période américaine, dont on prétend qu’ils ont été pris à des airs nègres, sont l’absolue propriété de l’esprit de notre père et ont été seulement influencés par les mélodies nègres » Ce dénouement fait une victime. Magnus Synnestvedt est écarté de la rédaction du Mercure musical. Trois préjugésLa polémique a au moins le mérite de faire connaître aux Français la voix d'un défenseur. Mais ce plaidoyer se heurte à bien des obstacles. Par une curieuse coïncidence de l'histoire, la Symphonie du Nouveau Monde bute sur une série de stéréotypes alors courants en France. L'influence américaine, ou supposée telle, la dessert. L'Amérique est, depuis peu, la première puissance industrielle, et nourrit déjà un sentiment d'infériorité en Europe en général, et en France en particulier. Les nouvelles d'Amérique sont souvent tournées en dérision, et d'autant plus dans le domaine musical, étant donné l'absence de grands compositeurs. C'est encore le pays du banjo, des fanfares, et, comme on l'a vu, du cake-walk. Musicalement, il s'agit de la terre du frivole, du clinquant et des modes passagères. Une autre facteur est l'influence de la "musique nègre" que l'on attribue, sans savoir exactement de quoi l'on parle, à cette oeuvre. Dans l'esprit commun, l'étiquette « exotique » désigne une musique de divertissement. De plus, la France est un empire colonial. Le Noir est perçu comme un homme immature, au mieux qu’il convient d’éduquer, faisant partie d’une « race encore à une période d’enfance », pour reprendre les mots du socialiste Francis de Pressensé en 1913. Comment faire prévaloir une symphonie digne de ce nom d'une telle influence ? Enfin, le contexte musical européen joue en défaveur de Dvořák. Ses défenseurs invoquent l'admiration de Brahms, mais Brahms n'était apprécié que de cercles restreints. Il est courant de trouver le compositeur allemand lourd, ridicule, ennuyeux et même "inacclimatable". La musique slave ? On pense qu'elle n'est représentée que par des petits maîtres sans devenir, sauf quelques Russes, comme Borodine. Quant aux compositeurs de Bohême, si leur sens de la mélodie est reconnu, c'est pour mieux souligner leur instinct qui les fait chanter comme l'oiseau dans l'arbre. Après "l'Affaire Casals"L'on saisit mieux pourquoi, en 1913, Casals, l'étranger grand voyageur et amoureux de toutes les musiques, se trouve bien seul pour défendre Dvořák face à Pierné et Debussy. L'affaire se termine devant les tribunaux. L'accusation réclame à Casals la somme de 10.000 F, ce qui à l'époque équivaut à peu près un salaire moyen annuel. Chacun peut mesurer ce que cela représente ! Le jugement condamne le violoncelliste, mais rabaisse la somme à hauteur de 3000 F, ce qui reste tout de même considérable. Casals, en musicien entier, ne supportait pas l'idée de défendre une musique qu'il aimait tant avec un homme qui l'insultait. Plus de 20 années plus tard, il devait enregistrer ce Concerto à Prague avec la Philharmonie Tchèque, dirigée par un autre amoureux de Dvořák, George Szell. Jamais il n'eut l'occasion de se réconcilier avec Pierné. On peine à imaginer le rejet de cette musique par les élites françaises, tant le siècle devait consacrer par la suite les grands solistes de mon pays qui allaient si bien servir le Concerto pour violoncelle : ils se nomment Pierre Fournier, Paul Tortelier, André Navarra, parmi tant d'autres. Entre-temps, les goûts allaient évoluer. Moins influencée par un nationalisme outrancier hérité de la défaite de 1871, et ayant su prendre ses distances avec une école de pensée positiviste qui imprégnait le tournant du siècle, l'opinion a pu, en ce qui concerne les grandes pages de Dvořák, mesurer à quel point elles contribuaient sans ambiguïté à une culture universelle. Alain Chotil-Fani NotesLe récit de l'incident Pierné-Casals est tiré de la narration qu'en a faite le violoncelliste. Elle est vraisemblablement orientée. Je prépare un article sur cet événement, qui prendra en compte d'autres sources et donnera une vision certainement plus "distanciée". Voir aussi la liste des œuvres de Dvořák jouées en France au XXe siècle. Pour écouter en ligne : Erratum dans la vidéo : c'est Charles Lamoureux (et non Pablo de Sarasate) qui interprète une Danse slave en 1882. Les premiers récitals de Sarasate consacrés à Dvořák remontent, selon les sources disponibles, à la décennie 1890.

Johannes Brahms
(1833 – 1897)

Johannes Brahms (7 mai 1833, 3 avril 1897) est un compositeur, pianiste et chef d'orchestre allemand. Johannes Brahms est l'un des plus importants musiciens de la période romantique et est considéré par beaucoup comme le « successeur » de Ludwig van Beethoven. Sa première symphonie a été décrite par Hans von Bülow comme étant « la dixième symphonie de Beethoven ». Brahms a passé la plupart de sa carrière à Vienne où il était l'une des figures importantes sur la scène musicale. Il a composé pour piano, musique de chambre, orchestre symphonique, et pour voix et chœurs. À la différence d'autres grands compositeurs de musique classique, Johannes Brahms n'a jamais composé d'opéras. Étant également un pianiste virtuose, il a donné la première représentation de beaucoup de ses compositions ; il a aussi travaillé avec les musiciens célèbres de son époque, dont notamment la pianiste Clara Schumann et le violoniste Joseph Joachim. Brahms était un perfectionniste intransigeant qui a détruit beaucoup de ses travaux et laissé quelques-uns non publiés. Brahms était à la fois un traditionaliste et un novateur. Sa musique utilise largement les structures et techniques de compositions des maîtres baroque et classiques. Il était un maître du contrepoint, une méthode de composition rigoureuse pour laquelle Bach est célèbre, ainsi que du développement musical, une technique de composition introduite par Haydn, Mozart et Beethoven. Alors que beaucoup de ses contemporains ont critiqué sa musique qu'ils ont trouvée trop académique, ses œuvres ont été admirées par la suite par des personnalités aussi diverses que le progressiste Arnold Schoenberg et le conservateur Edward Elgar.



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